Interview

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Parlons d’abord de votre livre. Pouvez-vous le résumer en quelques phrases ?

Saga – L’ours de Dalécarlie, c’est l’histoire d’une jeune femme, Emma, qui va découvrir malgré elle un secret de famille fort troublant. Tout commence par la mort de son grand père, Lennart, qui réveille des interrogations sur son épouse, la grand-mère d’Emma, disparue mystérieusement à la fin des années 1940. Emma va aller de découverte en découverte jusqu’à comprendre finalement ce qui s’est réellement passé soixante ans plus tôt.

Mais Saga c’est aussi un chant d’amour à la Suède et à ses paysages grandioses, la découverte d’une douceur de vivre toute scandinave, une invitation au voyage et au dépaysement.

Quelle a été votre source d’inspiration, l’évènement qui vous a poussé à écrire ce livre ?

En 2013, j’ai eu le privilège d’être sélectionnée pour faire partie du jury du Prix du Livre Inter. Nous avions dix livres à lire, qui m’ont beaucoup plu pour certains et beaucoup moins pour une petite majorité.

Finalement, ce sont les livres qui n’ont pas retenu mon attention qui ont eu le plus d’importance, parce que je me suis dit que si ces romans avaient été non seulement publiés, mais également retenus comme candidats à un prix littéraire, c’est que j’avais toutes mes chances. Mes proches me disaient depuis toujours que j’avais une « bonne plume », mais là, j’avais été retenue comme jurée pour le prix, grâce à ma lettre, et nous étions seulement vingt-quatre sur quelques trois ou quatre mille candidats à avoir conquis les organisateurs du prix… Alors oui, être jurée était déjà en soi une petite consécration de mon talent… !

Ça a été un véritable déclic. J’ai fini de lire le dernier livre de la sélection, je l’ai refermé, j’ai allumé mon ordinateur et j’ai commencé à écrire. J’ai écrit le premier chapitre en me disant que je n’écrirais bien qu’à propos d’un sujet que je connais bien, et c’est la Suède qui s’est imposée à moi comme une évidence. Le reste de l’histoire a coulé tout seul…

Une bonne raison de lire votre livre ?

Une seule ? Vous êtes dure ! Plus sérieusement, le compliment que mes lecteurs m’ont fait le plus souvent, je dirais même quasiment unanimement, c’est que Saga vous attrape dès les premières pages et que vous ne pouvez pas le lâcher. Ils ont aussi particulièrement aimé ma vision de la Suède, qui a même donné à certains d’entre eux l’envie d’aller la découvrir « en vrai » ! D’autre encore ont retenu le style sobre et précis, tout au service du récit.

Pourquoi avez-vous choisi l’autoédition ? Avez-vous déjà publié par ailleurs chez un éditeur ?

J’ai envoyé mon manuscrit, confiante, à une vingtaine d’éditeurs « classiques ». Quand je dis « confiante », j’imagine que certains vont sourire en se disant « haha, qu’est-ce qu’elle croyait ? ». Mais j’étais épaulée dans ma démarche par une amie qui a fait toute sa carrière dans le milieu de l’édition, qui « connaissait du monde », et qui avait été totalement conquise par mon manuscrit. Elle était convaincue qu’il y aurait forcément une réponse positive.

Malheureusement, mes espoirs ont été déçus. Mais j’étais convaincue de la qualité de mon roman, alors je me suis naturellement tournée vers l’autoédition. Je ne le regrette pas !

Parlons de vous : depuis quand écrivez-vous ? Comment vous est venue l’envie d’écrire ?

J’ai toujours aimé écrire : des petits textes, des poèmes, de bouts de ci et de ça, pour la plupart inachevés. Des envies de plus long, plus structuré, mais jamais concrétisées. J’ai commencé à écrire… Dès que j’ai su écrire ! Même sans être forcément dans une recherche artistique, l’écriture, quelle que soit son propos, m’est toujours un plaisir. Je me suis vue « m’éclater » à rédiger une lettre de réclamation à ma banque, par exemple !

Depuis que je suis enfant, je me suis toujours dit que je ne mourrai pas sans avoir écrit au moins un livre. Je n’avais aucune idée du sujet que je traiterai, cela aurait pu être un livre de cuisine ou un traité de physique quantique, un roman ou un ouvrage pédagogique… selon la direction qu’aurait pris ma vie ! Mais un livre, un vrai, avec mon nom dessus, c’était une nécessité, un accomplissement.

Et maintenant qu’il y en a un, j’y ai pris goût ! Ce ne sera pas le dernier.

Avez-vous des rituels d’écriture ? Comment cherchez-vous l’inspiration pour vos livres ?

Je n’ai pas de rituels, j’ai des journées très chargées et je n’écris que quand je trouve du temps pour le faire. Et tant pis si les conditions ne sont pas idéales ! J’ai écrit une grande partie de l’ours de Dalécarlie debout dans la cuisine familiale, avec les enfants qui m’interrompent toutes les cinq minutes et les films de Disney en fond sonore.

Je ne cherche pas l’inspiration, elle vient à moi toute seule. L’endroit où cela fonctionne le mieux ? Ma voiture. Lorsque je conduis, seule, je ne mets jamais ni radio ni CD, je conduis dans le silence à moins que je ne parle à voix haute… Paradoxalement, sans stylo ni clavier, c’est là que j’écris le plus ! Ensuite, dès que j’en ai la possibilité, je transcris ce que j’ai déjà presque finalisé dans ma voiture.

Quels sont vos auteurs favoris, ceux qui vous inspirent ou que vous considérez comme vos modèles ?

J’ai récemment découvert Olivier Adam et Alice Zeniter (qui fut notre lauréate du Prix du Livre Inter 2013). Ce sont deux auteurs qui « me parlent ». Mon auteur « chouchou », que j’invite chacun à courir découvrir de toute urgence, c’est Marie Neuser. J’aime les histoires qu’elle raconte, j’aime sa façon de les raconter, elle me surprend à chaque page…

Dans les auteurs plus classiques, je ne me lasse pas de Zola, et j’ai une tendresse particulière pour Soljenitsyne, pour son style très simple et épuré, dans lequel il fait pourtant passer tant d’émotion…

Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui rêve d’écrire un livre mais jamais osé se lancer ?

Si vous avez l’envie d’écrire, pourquoi vous priver de ce bonheur ? Peu importe ce qui arrivera ensuite : textes décousus ou roman complet, manuscrit caché dans un fond de tiroir ou best-seller ? Prenez votre plume, votre clavier, et mettez les mots les uns derrière les autres. Le plus dur c’est la première page. Vous ne le regretterez pas.